Lorsque The Secret of Monkey Island sortit en 1990, bien peu auraient pensé que ce jeu demeurerait comme l'un des plus grand classiques de tous les temps et qu'il continuerait d'émerveiller les joueurs, même 16 ans plus tard. Afin de consolider le mythe, 3 suites sortirent en 1992, 1997 et 2000. Et si l'on excepte le dernier épisode, mi-figue mi-raisin, ce furent des réussites incontestables, apportant à chaque fois leur pierre à l'édifice Monkey Island. Le jeu se déroule à la grande époque des flibustiers et nous propose d'incarner un personnage au nom aussi ridicule qu'imprononçable :
Guybrush Threepwood. Ce jeune homme plein de fougue et à moitié crétin ne rêve que de devenir un pirate ! Pour se faire, il se rend sur une île perdue au plus profond des Caraïbes,
l'île de Mêlée, repaire des pires crapules vivant sur terre ou sur mer. Pour devenir pirate, pas besoin de faire de longues études puisqu'il suffit de passer 3 épreuves. Mais alors que
Guybrush se démènera corps et âme pour atteindre son but, un monstrueux personnage nommé
LeChuck tramera d'effroyable dessein. Ah j'oubliais...
LeChuck est un redoutable pirate et sa plus grande particularité est qu'il est... mort depuis bien longtemps. Et pas de bol, il est tombé amoureux de la femme qui vous fait également tourner la tête, le Gouverneur de l'île de Mêlée,
Elaine Marley. Le début d'une grande aventure commence !
Monkey Island est bien entendu un jeu d'aventure, genre malheureusement tombé en désuétude mais qui faisait le bonheur de tous les joueurs dans la première partie des années 90.
Lucasarts était l'un des maîtres en la matière à cette superbe époque où les adaptations de Star Wars se comptaient sur les doigts de la main C'était le bon temps comme dirait l'autre !

On retrouve ici la célèbre interface
Scumm : on clique sur l'un des verbes en bas de l'écran (parler, prendre, tirer, pousser...) puis on clique sur l'écran du jeu lui-même. Pour donner un exemple tout bête : on clique sur le verbe « ouvrir » puis on clique (par exemple) sur une porte. Vous devinez le résultat. Si ça n'est pas le cas, c'est que vous avez un peu trop abusé de la Star Academy. Le jeu est découpé en 4 parties inégales dans leur longueur. La difficulté du jeu est plutôt bien équilibrée mais il faudra parfois faire preuve de ténacité devant certaines énigmes.
Le jeu datant de 1990, les graphismes sont clairement dépassés. Mais ils restent tout à fait dignes et il faudra peu de temps pour s'y « habituer ». On est quand même loin de l'austérité d'un
Pac Man ou d'un
Space Invader. Le tout reste joli à voir et seul les indécrottables assoiffés de technologies modernes y trouveront à redire. De plus, les décors entre chaque partie du jeu sont très variés : on passe d'une ville en pleine nuit à une forêt, un palais, un bateau, une île déserte en plein jour, une jungle, des cavernes... Plus on y joue, plus on trouve le jeu beau en fait.

Le son et al musique font à leur tour dignement leur travaille. Surtout la musique en fait car les bruitages sont, comme souvent dans ce genre de jeu à l'époque, assez peu nombreux. A peine entend-t-on une porte qui s'ouvre, quelques grillons dans la forêt, une marmite qui boue... Par contre, les musiques sont souvent de la partie et si vous jouez à la version CD qui est désormais la plus répandue, vous aurez droit à des versions remasterisées qui peuvent d'ailleurs s'écouter sur une chaîne hi-fi. La musique d'introduction est, il faut l'avouer, la plus marquante. Elle sera d'ailleurs reprise dans toutes les suites en compagnie de certaines autres aux thèmes importants comme celle qui caractérise
LeChuck (c'est un peu «
La Marche Impériale » de
Monkey Island) ou encore celle de
Stan, le vendeur de bateau d'occase tout neuf. Si elles n'atteignent pas encore la qualité du second opus ou encore la perfection du troisième, elles font plus que dignement leur devoir et sauront mettre en valeur un jeu malheureusement muet. Car aucun dialogue ne sera doublé avant le 3eme épisode. Dommage de n'avoir pas profité un petit peu plus du support CD.
L'histoire du jeu est assez simple mais l'intérêt principal n'est pas vraiment son scénario. En

réalité, tout ceci serait bien ennuyeux si les personnages qui peuplent l'univers de Monkey Island n'étaient pas aussi stupides et drôles ! Le jeu est une petite perle d'humour et les fous rires ne manquent pas. Les dialogues et les situations sont uniques !
Guybrush devra trouver un moyen de passer des caniches piranha venimeux (et oui !), défier des pirates en combats d'insultes, se transformer en homme canon...
Guybrush ne pouvant pas mourir (à une exception près mais il faut vraiment la chercher !), le plus grand plaisir est de faire le plus grand nombre de choses stupides, juste pour voir la réaction des personnages. Pour vous donner un exemple, lorsqu'un grand pirate baraqué et chauve vous demande si vous voulez

voir quelque chose qui fait peur, vous avez la possibilité de lui répondre par l'affirmative, la négative ou bien encore« Quoi donc ? Une photo de toute ta famille chauve ? » Des situations pareilles, le jeu en est rempli et c'est un véritable plaisir que de les découvrir. Plusieurs parties ne seront d'ailleurs pas de trop pour y déceler tous les secrets (de l'île aux singes ?). Sans compter les nombreux anachronismes (volontaires bien sûr) et les clins d'?il parsemés par-ci par-là de l'univers
Lucas (films ou jeux).
The Secret of Monkey Island est de l'or en barre, un titre sacré et jouissif jusqu'à la dernière seconde. Ceux qui se laissent rebuter par son aspect technique obsolète manqueront tout simplement l'une des expériences les plus remarquables de l'histoire du jeu. A moins de détester les jeux d'aventure (et encore) ou d'être véritablement allergique aux jeux vidéo (et encore,
Monkey Island devrait vous guérir), il vous est interdit de laisser passer un tel chef d'oeuvre. Vous voilà prévenus !


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