Cela fait si longtemps que je m'étais juré de parler un peu plus de mes bouquins. Il était vraiment temps que je m'y mette non ? A la base, c'était même un peu pour ça que j'avais créer ce blog
et finalement...
Aujourd'hui, je vais donc un peu développé la genèse de ce projet. Je me rappelle que lorsque j'ai eu l'idée d'adapter un jeu en roman, j'étais en 3eme. Ca m'était venu un soir, alors que je
finissais
The Secret of Monkey Island pour la énième fois. Ce fut la phrase "le livre n'est pas en vente" du générique final qui agit sur moi comme un électrochoc. Ce livre ce serait moi
qui l'écrirais ! A l'époque, je lisais beaucoup et j'écrivais pas mal aussi. Je vous le dis peut-être avec fierté mais en classe de français, j'étais très très souvent l'élève qui avait la
meilleure note en rédaction. Surtout lorsqu'il s'agissait d'inventer une histoire. Quel joie pour moi lorsque notre prof, Mme Dupin, lisait devant toute la classe mes écrits ! Moi qui était
timide, de manière quasi maladive, c'était alors mon quart d'heure de gloire. Je me rappelle d'ailleurs de deux rédactions, l'une était une sorte d'histoire à la Petit Nicolas et l'autre le récit
de l'attaque d'un navire... pirate !!! Je le réalise aujourd'hui mais la fusion de ces deux rédactions se rapproche beaucoup de mes premiers essais sur Monkey Island.
Je me rappelle que le lendemain, j'allais voir mon pote François pour lui parler de ma révélation. Comme moi, il avait ce côté artiste que bien peu de personne de notre age avait. Il m'encouragea
et je ne lui reparlais de ce projet que bien des années plus tard.
Il y eut peut-être une autre source d'inspiration pour cette première adaptation. Je ne suis pas sûr que ce soit postérieure à mon idée mais je me rappelle avoir dévoré la solution du jeu
Croisière pour un cadavre dans un numéro du légendaire Tilt. Elle était écrite à la manière d'un roman et j'avais trouvé ça très originale et vraiment bien fichu. Aujourd'hui je peux même vous
avouer qu'après avoir écrit mes 4 romans, j'avais en projet d'adapter Croisière pour un cadavre. J'en ai même écrit le prologue et le début du premier chapitre. Je ne sais pas trop pourquoi j'ai
abandonné par la suite, peut-être que j'ai été déçu par la non publication des premiers et que je me suis dit que ça ne valait pas le coup de se replonger là-dedans. Aujourd'hui j'aimerais bien
m'y remettre mais j'ai peur de manquer de temps et de ne plus avoir le niveau pour ça. Mais ça reste dans un coin de ma tête et je pourrais peut-être publier les premières pages pour voir ce que
vous en pensez. Je connais un certains Gameslover quine dirait pas non.
Je me rappelle que la première étape fut assez laborieuse. Je dus en effet écrire tous les dialogues sur des feuilles de classeurs. Heureusement qu'il y avait une touche pause pour me permettre
d'arrêter les dialogues. Je dûs farfouiller tous les moindres recoins, utiliser toutes les options, scruter chaque détails du jeu... Mais j'étais si motivé que cette étape à priori laborieuse se
déroula très rapidement. Ensuite, je me fis une sorte de script où je réadaptais à ma sauce les éléments de l'histoire afin d'en faire une histoire et un déroulement cohérent. Armé de mes
nombreuses feuilles manuscrites, je commençais la rédaction des mémoires de Guybrush Threepwood. Je me rappelle que durant mon stage à la préfécture, j'occupais mon temps libre à la rédaction de
mon roman.
Pourtant, il me semble que je mis beaucoup de temps à finir ce roman. Après un départ canon, je callais quelque peu, non pas à cause d'un manque d'inspiration, mais à cause de mes soucis
scolaire. C'était une année difficile pour moi et je m'apprétais à redoubler malgré des notes correctes. Je n'étais pas trop dans mon assiette car mes copains allaient tous aller au lycée pendant
que j'allais rester au collège avec des petits jeunes que je ne connaissais pas.
Une fois achevé, il était clair que cette première tentative n'était pas terrible du tout. D'ailleurs, on remarquait que mon style avait évolué entre un début simpliste et une fin bien plus
travaillée. Du temps avait passé, j'avais acquis des bases intéressantes et cela se voyait. Ma grand mère fut ma première lectrice et elle m'encouragea à perseverer dans mes efforts. Elle avait
bien aimé mon livre mais c'était la plus gentille des grand-mères et j'aurais pu lui amener n'importe quoi qu'elle aurait dit aimer quand même !
Je décidais donc de tout reprendre à zéro. Mais entre temps, j'avais eu envie d'écrire un roman sur mon héro préféré, Indiana Jones ! J'avais lu les 6 romans de Rob Mac Gregor et j'avais adoré.
Cela m'avait fortement motivé à faire de même. A la base je voulais écrire ma propre histoire puis une idée me vint à l'esprit : et pourquoi ne pas écrire toute une série de livres adapté de jeux
vidéo ? A l'époque, l'idée était novatrice. Je vous parle d'une époque où seul Mario Bros avait été tristement adapté au cinéma. Je décidais donc d'adapter le formidable jeu Indiana Jones and the
fate of Atlantis. Je jonglais alors entre les deux adaptations mais Indiana Jones était celle qui avançait le plus facilement. Plus classique, moins ambitieux, je connaissais tellement les films
qu'il m'était facile de l'écrire. Pour Monkey Island c'était bien moins évident malgré la première ébauche. Aujourd'hui, je me dis toujours que je serais incapable de le réécrire. C'est
d'ailleurs pour cela que j'ai du mal à me lancer dans le second opus.
A l'époque, j'étais devenu un gros fan de l'univers Lucasfilm et j'étais un fidèle lecteur du Lucasfilm magazine depuis le numéro 1 ! A chaque numéro je leur écrivais pour donner mon avis et les
encourager. Deux de mes lettres furent d'ailleurs publiées et je fus même cité brièvement dans un troisième numéro. J'avoue honteusement que j'avais tenté de me faire quelques contact avec
Lucasfilm par leur biais et je leur avais même parlé de mon projet. Quelqu'un de la redac m'appela un jour et je pus parler de vive voix de tout ça. Je confiais même à mon interlocuteur, Patrick
Giraud me semble-t-il mais rien n'est moins sûr, que j'avais également en projet d'écrire la suite du film Willow. en roman Il me confia que cette licence était trop peu connu en France pour
avoir un quelconque succès mais il m'encouragea par contre pour mon projet d'adaptation des jeu vidéo.
Je restais longtemps fidèle au Lucasfilm magazine et je continuais de leur écrire à chaque numéro. Puis petit à petit, n'étant plus publié et n'ayant plus de retour (Internet était encore loin,
pas facile de communiquer avec eux de Marseille), j'eus l'impression d'être oublié et je cessais de leur écrire du jour au lendemain. J'ai beaucoup regretté cela car j'étais devenu un peu leur
mascotte. Un jour, il m'avait même envoyé une peinture dédicacée de Mark Hamill. Comme il n'y avait pas de mot avec, je n'ai jamais compris si c'était un vrai de vrai et si j'avais été le seul à
avoir reçu cette superbe attention. La lettre avait été expédié des USA en plus... Au fond me moi, j'ai envie de le croire. J'ai toujours cet autographe aujourd'hui et j'y tiens comme à la
prunelle de mes yeux !
Si ma mémoire est bonne, j'avançais si lentement que je n'écrivais pratiquement plus que durant les grandes vacances. Pour Monkey Island, je dû laisser passer les années lycées et le terminer
bien plus tard, durant ma première année de Fac. Entre temps, j'avais eu le projet d'adapter Loom et un jeu qui n'était pas de Lucasfilm mais dont le scénario m'attirait énormément, le jeu KGB de
Virgin Game. Ces deux derniers furent écrit en un temps record et dans la foulé je terminais enfin Monkey Island qui était pourtant à la base mon premier roman ! Pourquoi une telle accélération
tout à coup ? Simple : mon année à la fac était mal engagée à cause de problème de "coeur " qui m'avait complètement mis à plat. L'écriture fut pour moi une formidable opportunité d'évasion. Ce
fut même ce qui me sauva de la déprime totale à cette époque. Si ma mémoire est bonne, Loom fut écrit en un petit mois (les deux premiers chapitres avaient été écrit des années plus tôt), et KGB
en une seule semaine ! Je ne prends pas en compte le temps qu'il m'a fallut pour noter tous les dialogues du jeu sur le papier ni le script mais quand même. Le travail de réécriture pouvait
commencer et mes premiers lecteurs avaient de très très nombreuses fautes d'orthographe à corriger. Ma grand-mère était bien sûr ma première lectrice encore une fois pour chacun des romans. Mais
Sebastien alias poète qui faisait ses études avec moi fut également l'un des premiers à me donner ses impressions sur Monkey Island. Il n'avait pas joué au jeu mais ces nombreux rires furent pour
moi une énorme récompense.
Les années avaient passé mais je pouvais être satisfait du résultat. Je ne serais peut-être pas publié mais à l'époque j'étais surtout heureux d'avoir accompli mon rêve de gosse. Quatre romans,
quatre styles et genres différents... Après de nombreuses corrections, il me faudrait bientôt partir à la conquête de Lucasfilm et ça, ce ne serait vraiment pas du gâteau !
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